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Interview // Damien de Zoo Corp

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Depuis quelques années déjà, un nouveau souffle apporte de la fraîcheur dans les soirées lyonnaises. Des lieux comme Le Petit Salon ou d’autres clubs catégorisés comme underground, se renouvellent et diversifient leur programmation. Les premiers acteurs derrière ce changement sont les organisations. Nous avons rencontré Damien, fondateur de l’association Zoo Corp, pour lui poser des questions sur sa vision de la nuit lyonnaise et ses ambitions.

Zoo Corp n’en finit plus d’inviter des pointures de la musique électronique sur la scène Lyonnaise. Kavinsky, Busy P, Dubfire, Darius, Sascha Braemer, The Supermen Lovers, ou encore Breakbot, voici une partie de la belle liste d’invités de Zoo Corp. Une liste qui s’agrandit de mois en mois.

Quel bilan tires-tu de cette année passée ?

Le bilan global est très positif. En 2017, on est allé au bout de chaque projet et ça, ça n’a pas de prix. On a respecté la quasi totalité des objectifs fixés, en entreprenant de nouveaux projets sans se reposer sur nos acquis. Notre but est d’essayer de voir un peu plus grand à chaque fois avec le temps que chaque membre de l’équipe peut consacrer. Toute l’équipe est investie mais ce n’est pas notre activité principale et chacun évolue dans un autre domaine que celui du milieu de l’événementiel ou de la nuit.

Et pour 2018, quels sont tes objectifs ?

En 2018, j’ai envie de faire toujours mieux. Plus d’idées, de concepts, et inviter des artistes de plus grande envergure. On a tous dans l’équipe des envies et des objectifs différents et si on arrive à être tous satisfaits, c’est le principal. On essaye d’exploiter Lyon dans son ensemble. Il y a des lieux que nous n’avons pas encore fait, comme le Ninkasi qui nous donnerait l’occasion de faire jouer des artistes dans une vraie salle de concert.

Il est possible que Zoo Corp évolue au delà du statut d’association, mais je ne veux pas lui accorder cent pour cent de mon temps.

Zoo Corp a bien grandi depuis ses débuts, dans quelle direction souhaites-tu développer l’organisation ?

C’est une question qu’on me pose souvent, le patron de mon entreprise actuel le premier. Zoo Corp c’est une association avec des profits et des pertes. Mais il faut quand même être dans le positif si on veut acquérir la confiance des établissements. Je ne pense pas que j’en ferais mon métier. Il est possible que Zoo Corp évolue au-delà du statut d’association, mais je ne veux pas lui accorder cent pour cent de mon temps. Je n’ai pas envie de perdre cette passion et d’arriver dans un processus business où je ne peux pas faire ce qui me plait, mais ce qui fonctionne.

Combien êtes-vous sur le projet ?

On est pas beaucoup. On a pas besoin d’être dix pour faire le boulot de cinq personnes. On est trois membres actifs : Barth s’occupe de la partie visuelle, Mathieu est sur la vidéo et moi-même. Je prends conseil auprès d’amis qui travaillent dans la communication. Puis il y a les artistes : Chris et Max. Il peuvent nous épauler en jouant sur nos événements ou sur la partie opérationnelle quand il s’agit de faire des allers-retours pour récupérer nos invités.

Comment est-ce que tu sélectionnes les artistes ? Ce sont des choix par rapport au public, à la communauté qui t’entoure ou ce sont tes propres goûts ?

On ne fait pas en fonction de la tendance, on a la chance de ne pas manger avec ça et d’être une association. On fait ce qu’on aime sans faire n’importe quoi non plus. On valide les artistes ensemble en restant dans les registres : French Touch, Techno et House.

As-tu une ligne conductrice dans le développement de Zoo Corp ou changes-tu souvent de cap?

On essaye de se diversifier au maximum et de ne pas rester sur une routine. L’idée est de se stimuler pour voir plus loin tout en se remettant en question pour s’améliorer.

Aujourd’hui, on a cette chance que Le Petit Salon nous fasse confiance pour pouvoir produire nos événements.

As-tu des soutiens financiers ou des partenaires qui te permettent d’investir pour des soirées plus ambitieuses ?

J’ai eu une fois un chèque de 500€ par mon entreprise (rires). Dans l’ensemble, il faut essayer de faire une co-production avec les établissements pour qu’ils avancent au moins la partie artistique. En tant qu’association, tu paies la TVA alors que l’établissement l’a récupère, du coup les frais artistiques sont moins importants. Aujourd’hui, on a cette chance que Le Petit Salon nous fasse confiance pour pouvoir produire nos événements. Malheureusement, on ne peut donc pas encore faire des événements partout. Notamment dans de grandes salles de concert.

Si tu devais estimer ton projet le plus osé, lequel serait-ce ?

Kavinsky. Le simple fait de prononcer son nom m’hérisse les poils. C’était risqué, c’était cher, mais ça a été fédérateur pour le public. Pour de différentes raisons, il y a eu Uppermost au Bellona. Ce n’était pas forcément pertinent de le faire jouer la bas, donc c’était un peu osé. Son style musical est très différent de que propose la ligne artistique du lieu. On se demandait si les gens comprendraient ou si son set serait bien perçu par la clientèle. Pour vous dire, on se posait même la question de savoir si on arriverait à faire venir cent personnes. Finalement, tout s’est bien passé, mais la sérénité n’était pas au rendez-vous.

Pourquoi avoir choisi Lyon pour t’installer ?

Tout simplement parce que je suis d’ici et que j’habite là.

Qu’est ce que tu aimerais faire dans cette ville que tu n’as pas déjà fait en événements ?

Un open air, une salle comme le Transbordeur ou le Ninkasi et pourquoi pas un festival. L’idéal serait d’avoir une carte blanche sur une scène d’un festival électro.

Est-ce qu’il y a un endroit qui te ferait rêver pour organiser une soirée à Lyon ?

Je dirais le Double Mixte à Villeurbanne.

En France ?

Le Cabaret Sauvage à Paris. J’étais allé là-bas pour une skins party à l’époque. Le lieu est magnifique.

cabaret sauvage paris

Dans le monde ?

Intouchable, mais Ibiza. La décoration, les écrans, le mapping, l’ambiance…. C’est un show artistique complet. Pour le prestige.

Quels sont tes futurs projets personnels et avec Zoo Corp ?

Je continue à me concentrer sur mon travail principal. Avec Zoo Corp, j’essaye de maintenir l’équipe avec qui je travaille en nous développant petit à petit. On essaye de conserver un bon rythme de soirée et de continuer à se diversifier. C’est intéressant aussi de développer les compétences de l’équipe, en communication ou en community management notamment.
Concernant la partie projet, je ne pense pas forcément plus grand mais plus innovant. Comme les Zoo Concept, quelque chose d’artistique, décoratif qui permettrait de créer un environnement autour du public.

Quel est ton moment préféré de la journée ?

Quand je retrouve ma copine le soir et qu’on se pose devant Netflix. Quand tu rentres chez toi, tu relâches toute la pression de la journée. D’ailleurs mes parents m’ont acheté un plaid à Noël pour que puisse profiter de mon canapé (rires).

Quelle est ta musique du moment ?

Je suis plutôt old school de ce coté là : So Lonely de The Police ou Love Song de The Cure

Une musique pour ambiancer ?

Roadgame de Kavinski ou Genie de Busy P.

La musique que tu emporterais partout avec toi ?

Sans hésitation : Fantasy de Breakbot.

Merci à Damien pour nous avoir accordé cet interview.
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