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ALBUM // FKJ se dévoile sur « French Kiwi Juice »

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cover premier album FKJ french kiwi juice

FKJ. Ou plutôt F.K.J. Un acronyme en guise d’alias désormais clairement affiché par l’artiste. Un titre d’album qui ne doit rien au hasard, pochette à l’appui. FKJ se dévoile en livrant un premier album très personnel, sur lequel il exprime toute l’étendue de son talent. Chronique.

De par ce qu’il traduit, un premier album est toujours très attendu et donc particulièrement scruté. On peut clairement parler d’acte fondateur. D’autant plus quand on est l’un des artistes les plus talentueux de sa génération. FKJ est un de ces petits génies de la musique et le confirme tout au long de French Kiwi Juice.

Première constatation : pas de traces de vocalistes reconnus, malgré un certain nombre de collaborations de ce type (Tom Bailey, Jordan Rakei, Madelyn Grant…) pratiqué ces dernières années. Si ce choix est tout à fait compréhensible pour un album qui se veut personnel, on peut aussi le regretter. Un ou deux featurings bien sentis auraient pu donner davantage de corps à l’album d’un point de vue vocal, sans pour autant le dénaturer. Une petite déception – qui sera d’ailleurs la seule – qui n’enlève rien au charme de la voix d’FKJ.


On rentre dans l’album de plein fouet avec « We Ain’t Feeling Time ». Un titre purement dans le style FKJ : beat bondissant, saxophone ronflant et synthé entraînant. La voix en plus, instrument dévoilé par l’artiste depuis peu. Le ton est donné : FKJ n’a besoin de personne pour livrer toute l’authenticité de sa musique.

On enchaîne avec « Skyline », « Better Give U Up » et « Go Back Home », les 3 singles dévoilés en amont de la sortie du projet. Des poids lourds de l’album, assurément. D’abord deux douceurs aux accents Rn’b épurés qu’on pourrait écouter en boucle sans jamais se lasser. Tout un art. L’art des grands. On retrouve ensuite le FKJ old school, celui des débuts, caractérisé par ce son si distinctif entre house, funk et samples vocaux irrésistibles. Ça transpire le groove, et ce, tout au long de l’album.

Changement d’ambiance. June Marieezy – oui c’est bien elle derrière ce mystérieux (((O))) – petite amie et partenaire vocale préférée du musicien, prend le contrôle de « Vibin’ Out ». Une ballade envoûtante où la voix sublime de la chanteuse est en parfaite adéquation avec la production minimaliste. C’est beau. Un vrai coup de coeur. Pour nous. Pour lui.

On repart de plus belle avec « Canggu », morceau instrumental mélancolique évoquant un village de Bali où l’artiste a séjourné. Il raconte d’ailleurs que c’est un moment de solitude qui l’a inspiré à composer cette chanson.

On passe sur « Blessed », pourtant tout aussi réussi mais moins surprenant que ne peut l’être « Die with a Smile ». Un titre sur lequel on découvre des sonorités soul down-tempo plus marquées qu’à l’accoutumée, évoluant vers des notes jazzy colorées. Une très belle surprise en guise de prélude… Car LA pépite de l’album est sans contexte sa conclusion : « Why Are There Boundaries ». Une véritable ballade soul qui nous plonge 50 ans en arrière. La voix d’FKJ colle parfaitement à l’ambiance mélancolique du morceau et les accords de guitare sont magnifiques. Une perle qui nous rappelle que la Motown, Al Green ou D’Angelo font partie des premières influences du Tourangeau.

On termine avec « Lying Together », nouvelle preuve de l’aspect très personnel de l’album. Oui car ce titre est celui qui l’a propulsé sur le devant de la scène, 4 ans auparavant. Un clin d’oeil d’ailleurs superbement introduit par un interlude au piano remarquable.

À 25 ans, Vincent Fenton, aka FKJ, a fait de ce premier album un concentré de ses influences et de sa panoplie musicale, abordant des thèmes très personnels comme la mort, la solitude, l’amour ou l’ambition. Un exercice plus qu’abouti, élégant, qui démontre une maturité et une intelligence artistique impressionnantes. La cohérence d’ensemble est épatante. Avec French Kiwi Juice, FKJ vient de poser la première pierre d’une belle et longue carrière. Sans nul doute.

PS : l’ensemble de la production instrumentale de cet album a été réalisée par FKJ (claviers, guitare, basse, percussions, saxophone).

Sorti sur le label Roche Musique depuis le 3 mars 2017, « French Kiwi Juice » est disponible partout ici.