Événement

On y était : Lorde au Transbordeur

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Concert Lorde au Transbordeur 8 octobre 2017
Anthony Bonnet Heure Bleue

Dimanche 8 octobre, nous avons trouvé le meilleur moyen de ne pas succomber à la morosité de fin de week-end : celui de succomber au charme féerique et décalé de l’artiste néo-zélandaise, Lorde.

À l’heure où d’ordinaire nous flânons au fond de notre canapé en attendant tristement le début d’une nouvelle semaine, cette fois-ci c’est dans la longue file devant le Transbordeur que nous patientons. « Patienter » est un peu léger, « trépigner » serait plus approprié, et c’est le cas pour tous les autres spectateurs, le concert affichant salle comble ! Une fois dans l’entre du spectacle villeurbannais, c’est une nouvelle fois avec réjouissance que l’on se rend compte que même sold out, la grande salle du Transbordeur nous permet d’être au plus proche de l’artiste.

Le premier à fouler la scène, c’est Khalid. Et la nouvelle pointure du R’n’B, natif de Georgie aux États-Unis fait de suite des émules. Interprétant plusieurs morceaux de son album American Teen, on se rend très vite compte que le jeune artiste peut compter sur une solide foule de fans, les paroles sont sur toutes les lèvres. Impressionnant. L’étincelle est lancée, et la salle s’embrase avec ses morceaux phares Location et Young Dumb & Broke. Dernièrement, comme pour officialiser leur cohabitation sur scène, Khalid, accompagné de Post Malon et SZA, a adapter le titre Homemade Dynamite de Lorde, qui elle, ne va pas tarder à faire son entrée non plus…

Khalid première partie de Lorde au Transbordeur // octobre 2017

Mais avant cela, nous plongeons dans le monde quelque peu imaginaire et cotonneux de la jeune prodige grâce à un monologue imagé, de photo de nature aux tons pastels, retransmis sur un grand tube cathodique aux allures vintages. Et c’est parti ! Lorde arrive sous les ovations et lance le show avec sa version solo du titre précédemment cité, Homemade Dynamite. Le ton est donné et la mise en scène vous entraine. En effet, l’astronaute en led clignote aux rythmes des sons pop de l’artiste, voici le premier tableau. 

Les tubes s’enchaînent à une allure folle, puis un silence. Interrogation dans la salle… jusqu’à ce que quelques notes surgissent et interpellent. Lorde, allongée au sol, expérimente un nouvel instrument pour introduire son prochain titre. C’est donc au xylophone, oui oui, qu’apparaissent les premiers accords de l’excellent Buzzcut Season. Nommons d’autres titres tels que Tennis Court ou Team, extraits de son premier album Heroine de 2013, qui enivrent la foule lors de cette première partie de concert.

Lorde concert au Transbordeur // octobre 2017

Changement de décor, petit interlude télévisuel comme au tout début et l’on se rend vite compte que ce second chapitre sera plus doux et mélancolique que le précédent. La scène se pare d’une arche de fleurs lumineuses ; Lorde, d’une grande robe blanche, lumineuse. L’artiste aux multiples facettes pioche cette fois dans ses plus belles balades d’hier et d’aujourd’hui qui ne peuvent que mettre son timbre de voix si spécial en avant. C’est dans cette atmosphère intimiste que Lorde s’assied et se livre à son public. Son parcours depuis sa Nouvelle-Zélande natale, sa précocité intellectuelle qui lui a valu d’être souvent exclue, puis la musique et le rêve éveillé dans lequel elle s’épanouit à présent.

Lyon, you’re f**king perfect !

Car c’est bien dans un monde à part que semble vivre Lorde, elle qui se définie « like a little fairy ». Profitant de ce moment de communion, le public répond à son invitation d’élever chacun son flash de téléphone afin de créer une vague de lumière pour entonner Liability à l’unisson. Le seul titre ne faisant pas partie du répertoire de l’artiste et pourtant présenté sur scène sera In The Air Tonight, une reprise de Phil Colins. Pas si étonnant au final au vu de son message d’accomplissement mais également de l’épiphore utilisée, le fameux « Oh Lord ». Le nom de l’artiste, Lorde, n’étant que la féminisation du mot « lord », « seigneur » en anglais, par celle qui se nomme Ella Yelich-O’Connor à l’origine.

Lorde en concert au Transbordeur // octobre 2017

Troisième et dernier tableau, une étoile filante orne la scène, MELODRAMA, nom de la tournée, s’illumine. Regain d’énergie et la jeune artiste entonne l’un de ses titres phares pour ré-électriser la salle, Royals… et sans surprise, ça fonctionne ! S’en suit un bon nombre des dernières compositions pêchues de son dernier album. En interaction constante avec le public, Lorde accepte gracieusement bouquets et autres cadeaux, même un drapeau français qu’elle porte volontiers sur ses épaules.

Puis, comme toutes les bonnes choses ont une fin, les dernières chansons résonnent dans la salle en pleine effervescence. Et pas n’importe lesquelles ! Sober, Perfect Places et en grand final Green Light. Une pluie d’étoile se déverse sur la foule, l’artiste fait ses au revoir sous les applaudissements, en promettant de revenir dans la capitale des Gaules. Des frissons. Bien évidemment, Lorde ne résiste pas au rappel de ses fans et nous revient avec une prestation étonnante, une fois de plus. Elle nous joue quelques accords sur un launchpad posé là, au beau milieu de la scène, une touche plus électro avant de vraiment nous quitter…

Si on devait résumer ce show ? Lorde est une grande performeuse ! Elle vous invite tout bonnement à en entrer dans son univers idyllique et idéalisé, qui sera même séduire les plus sceptiques. Très attentive à son public et avare de confidences, on a comme l’impression de la connaitre depuis toujours. Espérons qu’elle tienne sa promesse…

Crédit photo : Brice Robert Photographe