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Un cocktail, un son #4 : La fille de 18h12

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Chronique : Un cocktail un son
Hélène Vignon

Faire des cocktails est un art. Un travail de mélange de saveurs et d’alcools, une histoire que vous dégustez et qui est mise en scène de façon différente. Avec la rubrique “Un cocktail, un son”, découvrez l’histoire que chaque cocktail m’inspire, liée à une ambiance musicale qui accompagnera votre lecture.

Comme chaque vendredi soir, je m’autorise un moment détente autour d’un cocktail avec mes amis. Mais ce vendredi là, rien ne se passa comme prévu. Assis dans le coin de la pièce, j’attends que l’on me serve mon cocktail en ronchonnant. Mes amis me préviennent un à un qu’ils ne pourront pas être là, et c’est une réelle cascade d’excuses (non valables, bien sûr) que je reçois. Problème de transport, belle mère surprise à la maison, même le chat y passe. Tant pis pour eux, moi, j’ai décidé de profiter ! Lyon est une belle ville, bien connue pour les afterworks, il serait dommage de s’en passer. Et puis, j’ai eu une semaine difficile, il est presque 18h et mon cocktail est en route
Les gens rentrent peu à peu, motivés par les mêmes raisons que moi, et aussi par la pluie qui ne cesse de tomber et de perler sur les vitres du bar. Au moins, je suis au chaud, et à l’abri…

Et puis, il y a la musique que j’affectionne tout particulièrement dans ce lieu. Ce son tranquille rythmé par la voix douce de la chanteuse se fait entendre : 

je vois que les aiguilles sont bloquées sur 18h12

Soudainement, une cliente un peu maladroite trébuche devant moi, me bouscule et tombe par terre. Je l’aide, en me retenant de rire, sadique et moqueur que je suis. Ma montre est tombée elle aussi, je la retourne et je vois que les aiguilles sont bloquées sur 18h12. Mince, elle va entendre parler du pays cette idiote ! Je relève la tête et c’est là que je la vis, cette jolie fille qui était entrée pendant la catastrophe. Elle me fixait, ayant sûrement visionné toute la scène. Je ne pouvais détacher mes yeux de cette femme, elle qui me faisait un grand sourire et qui avait un regard pénétrant. J’en avais des frissons, de plus que ses cheveux trempés lui rajoutaient une touche de sensualité indéniable

Surpris, je trouvais qu’il ressemblait à cette fille que je ne connaissais que depuis quelques secondes

Ses yeux noisettes ne se détachaient pas des miens, et ce moment intense fût coupé par la serveuse qui me présentait mon cocktail. Surpris, je trouvais qu’il ressemblait à cette fille que je ne connaissais que depuis quelques secondes. Fin, joli, attirant… tant d’adjectifs qui pourraient la le qualifier. D’ailleurs, je l’avais perdu de vue et cela commençait à me prendre les tripes. Mes yeux la cherchaient tandis que mes lèvres trempaient dans ce breuvage tant attendu. 

Un cocktail un son #4 présente l'histoire du cocktail "La fille de 18h1é" servi au Fantôme de l'Opéra à Lyon

Le nappage de Chantilly parsemé d’amandes apportait une douceur qui me faisait oublier tous les désagréments de la soirée, mais mes lèvres se retirèrent de mon verre… elle était revenue et s’était installée en face de moi. Coïncidence ? Je ne pense pas.

Moi qui croyais être à l’abri de la pluie, j’avais été la cible d’une chose encore plus puissante… l’attirance

Je l’observais tout en buvant mon cocktail. Je la découvrais tout en goûtant le mélange parfait des saveurs, en commençant par la touche fun et sucrée amenée par le sirop de cannelle et la purée de poire. L’alcool m’enivrait et me rendait accro à ses formes, ses expressions et à son regard si intense. Le rhum et la liqueur de poire et de cognac enlevaient en moi tout soupçon de timidité. Je ne lâchais pas prise, et au contraire, à la fin de mon cocktail je me sentais tellement puissant que j’avais envie d’en faire mienne et de la protéger jusqu’à la fin des temps. Et puis, la soirée passa et je n’osais toujours pas interrompre la discussion qu’elle avait avec son amie. Elle s’en alla, en me laissant impuissant et perdu. Moi qui croyais être à l’abri de la pluie, j’avais été la cible d’une chose encore plus puissante… l’attirance. 

Je me leva pour payer, et la surprise fût de taille quand je vis sur le ticket le nom de la boisson « La Fille de 18h12 ». 

Si vous aussi vous souhaitez goûter à ses saveurs délicates et gourmandes, ce cocktail est servi au Fantôme de l’Opéra à Lyon.

salle fantome opera

Le Fantôme de l’Opéra

Lyon 1Bar à cocktail

Crédits photo : Lauren Ledbetter / Le Fantôme de l’Opéra
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

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